Sans titre (05070201)
de Valérie Belin
Photographie noir et blanc, issue de la Série Coffres-forts.
© Adagp, Paris, 2007
Le travail de Valérie Belin est strictement photographique, réalisé sans manipulations ni mise en scène, avec des sujets parfaitement identifiables, traités selon un protocole clair (vision frontale rapprochée, cadrage serré, absence de décor ou de contexte, tirage noir et blanc très contrasté).
Valérie Belin livre une radiographie intense de l'objet photographié, en même temps qu'elle bascule son apparence vers quelque chose d'autre.
Valérie Belin choisit les objets qu'elle photographie pour leur « photogénie », dans le sens où ceux-ci sont capables de produire de la lumière, une image nette, bien contrastée, créant « un effet supérieur à l'effet produit au naturel ». En effet, seuls l'intéressent les sujets dont la nature est au plus proche du médium photographique.
Valérie Belin a récemment photographié deux coffres-forts usagés, trouvés parmi divers rebus chez un ferrailleur. Les prises de vue ont été réalisées « sur site », mais dans les conditions d'un studio aménagé pour la circonstance. Les coffres-forts sont photographiés isolément, sur un fond noir.
L'objet se présente de la manière la plus neutre, non pas frontalement, comme souvent dans les séries précédentes, mais sous l'angle d'une perspective axonométrique. Le choix de cette perspective a pour effet d'aplanir le volume de l'objet au profit d'une lecture de sa géométrie, à la manière d'un dessin. L'objet est en même temps traité dans sa dimension symbolique : il s'agit bien de coffres-forts - objets par essence inviolables, impénétrables, et même ici indestructibles. En attestent les coups et griffures de la pelle mécanique, qui ont marqué les faces de l'objet sans en modifier son intégrité.
La primauté accordée à la forme et à la graphie de ses surfaces opère un glissement de la représentation vers une image spectrale : ce qui est montré n'est pas l'objet mais son enveloppe.
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