25 / 06 / 2018

 - Actualité

L’UAM en 5 questions

UAM ? Jusqu’au 27 août prochain, le sigle renvoie, au choix, à l’« Union des artistes modernes » ou à « Une aventure moderne », le titre de la magistrale expo que le Centre Pompidou consacre à l’un des mouvements majeurs de l’histoire de l’art du XXe siècle. L’occasion de faire le point sur cette association à laquelle adhérèrent plusieurs artistes de la Collection.

Entrée de la troisième exposition de l'UAM, vue de l'entrée, Pavillon de Marsan, Paris, 1932.

Qui ?

Sous la bannière de l’UAM sont réunis des architectes, des peintres, des sculpteurs, des créateurs de mobilier, des photographes, des créateurs de tissus et de bijoux mais aussi des relieurs, des graphistes ou des affichistes. Soit des créateurs d’horizons divers au nombre de deux cent cinquante parmi lesquels on relève de grands noms comme Fernand Léger, Robert Delaunay, Robert Mallet-Stevens, Le Corbusier ou Jean Prouvé ainsi que trois artistes de la Collection : le sculpteur Émile Gilioli, le pionnier de l’art cybernétique Nicolas Schöffer et l’incontournable Sonia Delaunay.


Quoi ?

Dans les faits, l’Union des artistes modernes est une association créée le 15 mai 1929 par des architectes, des décorateurs et des artistes en réaction au refus de la Société des artistes décorateurs de leur accorder une présentation groupée leur permettant d’affirmer les principes qu’ils défendent. Dans la postérité, l’Union des artistes modernes est un mouvement ample et majeur, l’un des acteurs clés du modernisme européen. Pour le dire vite, l’alter ego français du Bauhaus en Allemagne ou du groupe De Stijl aux Pays-Bas.


Où ?

C’est à partir de la France, et principalement de Paris, que l’UAM diffuse son esthétique et ses idées dans le monde entier. Elle incarne la modernité française du XXe siècle dont les traces les plus tangibles se trouvent peut-être dans les villas et constructions de grande envergure qu’elle érige aux quatre coins de l’Hexagone : la villa Guggenbühl d’André Lurçat et la maison de verre de Pierre Chareau à Paris, la villa Savoye de Le Corbusier et Pierre Jeanneret en Île-de-France, la villa Cavrois de Robert Mallet-Stevens dans le Nord ou l’hôtel Latitude 43 de Georges-Henri Pingusson à Saint-Tropez.






Quand ?

Si l’Union des artistes modernes naît officiellement en 1929, nombre de ses membres collaborent en réalité depuis le début des années 1920, ainsi que le montre l’exposition du Centre Pompidou. Après avoir résisté à la crise économique et aux attaques stylistiques, l’UAM se voit consacrer lors de l’Exposition universelle de 1937 grâce à l’arrivée au pouvoir du Front populaire. Ce sera ensuite la guerre puis la reconstruction – à laquelle ses membres participeront activement –, mais aussi le début de la fin. En 1956, des adhérents fondent le groupe Formes utiles, et en 1958, l’UAM cesse toute activité.


Comment ?

En rassemblant, dans une démarche inédite et inégalée, des disciplines extrêmement variées, l’UAM affirme la primauté du collectif et l’absence de hiérarchie entre les arts. Ensemble, ses membres prônent le recours aux avancées technologiques pour imaginer un nouvel art de vivre accessible au plus grand nombre. Si l’association se dote d’un manifeste en 1934, son mode d’expression privilégié restera celui de la monstration plutôt que de la démonstration, comme en témoigne sa participation à une multitude de salons et d’expositions.



Aurélie Laurière


Visuels


En haut : Entrée de la troisième exposition de l’UAM, vue de l’entrée, Pavillon de Marsan, Paris, 1932. Photo : Jean Collas. Musée des arts décoratifs, fonds Jean Collas, Paris © Adagp, Paris, 2018


Au milieu : Robert Mallet-Stevens, en collaboration avec André Salomon, Hall d’entrée du premier salon de l’Union des artistes modernes, Musée des Arts décoratifs, pavillon de Marsan, Paris, 11 juin – 14 juillet 1930. De gauche à droite : sièges de Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand. Photographie : Jean Collas. Musée des Arts décoratifs, fonds Jean Collas, Paris. MAD, Paris/Jean Collas © F.L.C. / Adagp, Paris, 2018 © Adagp, Paris, 2018. Reproduit avec l'autorisation des ayants droit d'André Salomon.



À voir > au Centre Pompidou, place Georges Pompidou, Paris 4e.
Jusqu’au 27 août 2018, tous les jours, sauf le mardi, de 11h à 21h. Nocturne le jeudi jusqu’à 23h.