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Pour cette édition 2019, les Rencontres d’Arles ont vu les choses en grand, et pour cause : le rendez-vous incontournable de la photographie souffle cette année sa cinquantième bougie ! Et la programmation est à la hauteur de l’événement, avec pas moins de cinquante expositions annoncées. Les visiteurs ne s’y sont pas trompés ; plus nombreux que jamais, ils étaient 19 000 à s’y être rendus sous un soleil de plomb lors de la semaine d’ouverture. Tour d’horizon en compagnie de nos artistes.

À la lisière

Cette année, les Rencontres s’étendent jusqu’à Avignon, Marseille, Port-de-Bouc ou encore Toulon, et c’est dès l’arrivée en gare d’Avignon que l’on plonge dans le bain avec Philippe Chancel. On y trouve en effet un avant-goût de Datazone, projet au long court présenté dans ses grandes largeurs dans l’église des Frères-Prêcheurs d’Arles. Le photographe, qui explore la frontière entre art, documentaire et journalisme depuis deux décennies, y expose l’envers parfois apocalyptique de la modernité. À Avignon encore, le célèbre artiste brésilien Vik Muniz s’intéresse aux relations entre art et sacré, photographie et histoire de l’art. La série exposée, « Imaginaria », reprend en effet des tableaux décrivant la vie de saints (la Sainte Agnès de Simon Vouet ou le Saint George de Gustave Moreau, par exemple) que l’artiste revisite dans le style composite qu’on lui connaît.

Construire l’image

Au sein d’une sélection qui fait la part belle aux photographes femmes, la grande thématique Construire l’image réunit deux photographes dont la Collection comprend plusieurs clichés : Valérie Belin et Marjan Teeuwen. La première expose sa série « Painted Ladies », qui lui a valu une nomination aux Prix de la Photo Madame Figaro : des portraits en noir et blanc qui ressemblent à des peintures, brouillant les frontières entre peinture et photographie, mais aussi entre figuration et abstraction, ou encore entre réalité et fiction. La seconde propose quant à elle la vingt-troisième de ses « Destroyed Houses » : une imposante installation architecturale destinée à être détruite. Ici, ce sont d’autres dualités qui sont interrogées : création et destruction, ordre et chaos. À la monumentalité de la destruction répond la richesse des textures. L’artiste archivant minutieusement le résultat de ces processus, des photos d’autres « Destroyed Houses » sont exposées en complément.

La fabrique des illusions

Mais à côté des projets d’envergure et des expositions monographiques, les Rencontres d’Arles proposent des expositions collectives au détour desquelles on croise là aussi des artistes de la Collection. Ainsi, on aperçoit le travail d’Elina Brotherus au MUCEM, où la collection « orientale » de Fouad Debbas dialogue avec des clichés d’artistes contemporains. Et au musée départemental Arles antique, ce sont des œuvres d’Éric Baudart (en collaboration avec Thu Van Tran) et de Mathieu Pernot que l’on retrouve. Prenant part à une réflexion sur la carte postale comme « illusion faite image, toujours à portée de main », leurs photographies interrogent ces images familières de rêve d’évasion. Pour ses 50 ans, plus que jamais, ce sont ces illusions à portée de main, l’infinité des facettes de la photographie contemporaine que les Rencontres célèbrent.

C. Perrin


À voir > dans tout Arles et ses alentours, jusqu’au 22 septembre 2018.
L’ensemble des événements et les informations pratiques sont sur www.rencontres-arles.com

Visuel : Thu Van Tran & Éric Baudart, Saïgon, 2017. Avec l’aimable autorisation des artistes. (Exposition Cartes postales, nouvelles d’un monde rêvé)
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