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Les vacances semblent loin, les journées raccourcissent, chacun reprend le chemin du travail ou de l’école : pas de doute, c’est la rentrée ! Après avoir fonctionné au ralenti pendant des mois, galeries et musées multiplient les propositions pour nous faire apprécier l’automne. Les aficionados de photo notamment ont de quoi en prendre plein les yeux : Martin Parr s’empare du FRAC Bretagne à Rennes et à Paris, on a l’embarras du choix, entre Josef Koudelka à la BNF, Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton, Sarah Moon au Musée d’Art Moderne ou encore Man Ray au Luxembourg… Les photographes de la Collection ne sont pas en reste : explorant les facettes les plus variées du médium, on retrouve le travail de plusieurs d’entre eux parmi les incontournables de la saison. Focus.

Expérimentations et abstraction
Au Centre Photographique d’Île-de-France, c’est l’une des frontières de la photographie qui est examinée : celle où elle touche à l’abstraction. Parmi les artistes exposés, Éric Baudart l’aborde en photographiant des objets triviaux puis en manipulant l’image jusqu’à l’éloigner de sa fonction et lui donner une autonomie esthétique. James Welling, quant à lui, développe en parallèle de ses activités de photographe, de vidéaste et de peintre une réflexion sur les composants de la photographie (la gélatine par exemple dans ses « Gelatin Photographs ») et la perception des couleurs. Dans le cadre de cette même exposition, Welling est aussi exposé au FRAC Normandie à Rouen, aux côté de l’Allemand Thomas Ruff, qui créé certaines de ses images à partir de diagrammes algorithmiques. À la galerie Topographie de l’Art, Georges Rousse explore d’autres possibles au carrefour de la photo, de l’architecture et de la peinture en faisant apparaître des figures abstraites dans l’espace.

Le pouvoir des images

À l’autre extrémité du spectre photographique, la photo documentaire a elle aussi sa place dans la Collection – et ailleurs. Alors que cet été, la jeune photographe Aglaé Bory a reçu le prix Caritas pour la photographie sociale, on retrouve cet automne le plasticien Kader Attia, qui utilise la photographie dans ses installations et ses montages vidéos pour aborder des questions historiques et sociales, notamment celles des migrations et de la colonisation, dans l’exposition « Global(e) resistance » au Centre Pompidou. Et bientôt, ce sera le travail iconique de l’un des grands noms de la photographie humaniste, Marc Riboud, qu’on retrouvera parmi les photographies en noir et blanc exposées au Grand Palais.
Une esthétique de la photographie

Cette dernière exposition avant la fermeture du Grand Palais pour travaux présentera en effet la riche collection photographique de la BNF. Aux côtés de Riboud et d’autres incontournables de l’histoire du médium (Diane Arbus, Helmut Newton, William Klein…), on y croisera le travail de Valérie Belin, exposé dernièrement au Victoria and Albert Museum à Londres et à Tilbourg aux Pays-Bas : le noir et blanc et ses contrastes sont en effet au cœur de la pratique de l’artiste. Une expo incontournable à ajouter aux autres rendez-vous photographiques de novembre : si le salon de la Photo vient d’annoncer son annulation, Paris Photo en revanche aura bien lieu. De quoi aborder la nouvelle saison en beauté...

C. Perrin


Image : Georges Rousse, Grand Moulin – Paris, 2005, tirage Lambda contrecollé sur aluminium, 125,2 x 158,5 x 2,5 cm  - © ADAGP, Paris, 2020
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