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19.10.76

Zao Wou-Ki

Date : 1976

Support : Peinture

Dimension : 85 x 70 cm

© Adagp, Paris, 2007

A partir de 1951, il « tend vers une écriture imaginaire, indéchiffrable ». Il mêle dans des tableaux non figuratifs traditions chinoise et européenne, et déclare : « C’est Cézanne qui m’a appris à me trouver moi-même, à me retrouver peintre chinois ».Il réalise, en utilisant la peinture à l’huile, des séries de paysages abstraits dont émane une véritable poésie. Henri Michaux écrivait à leur propos : « Montrer en dissimulant, briser et faire trembler la ligne directe, tracer, en musant, les détours de la promenade et les pattes de mouche de l’esprit rêveur, voilà ce qu’aime Zao Wou-Ki et, tout à coup, avec le même air de fête qui anime campagnes et villages chinois, le tableau apparaît, frémissant joyeusement et un peu drôle dans un verger de signes ».Depuis les années 70, il travaille en parallèle à une série d’empreintes, de calligraphies à l’encre de Chine pour lesquelles il utilise les techniques traditionnelles apprises en Chine.

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Le guide



Les toiles de Zao Wou Ki offrent au regard de vastes paysages colorés.

Peintre d’origine asiatique, Zao Wou Ki fait la synthèse entre les traditions picturales de la Chine dont il vient et celles de l’occident. C’est, dit l’artiste, Cézanne, qui m’aida à me retrouver peintre chinois.

De cette tradition, Zao Wou Ki a conservé le goût des paysages et du signe mais il s’est progressivement distancié du réel pour évoluer vers un art abstrait d’une grande poésie.
Dans 19.10.76, titre laconique qui ne convoque aucune autre réalité que celle du moment où l’artiste considère son travail achevé, il a choisi de travailler sur une toile de format vertical.
La verticalité de l’œuvre fait écho à la disposition de l’écriture calligraphiée et se retrouve dans le dynamisme des masses, la couleur paraît couler de façon dissymétrique.
L’artiste, sur cette toile, a tracé de vastes champs colorés. Le fond lumineux jaune a été recouvert par une matière noire et brune fluide.
Les teintes employées rappellent les éléments naturels, terre, roc, lumière, soleil.

Ne distinguez vous pas dans cette toile un autre rappel de l’art traditionnel chinois? approchons-nous.
Voyez : la trace du pinceau reste visible et par endroits, les interventions du peintre se sont multipliées, agrégées. Dans la partie médiane de l’œuvre, la plus dense en matière, le peintre a esquissé des gestes vifs qui rappellent l’art de la calligraphie que le peintre a étudié.

A mi chemin entre deux mondes, l’œuvre de Zao Wou Ki ouvre à celui qui se laisse séduire les chemins de la réflexion et de la contemplation.