Retour

Cléanthis

Bertrand Lavier

Date : 2002

Support : Peinture

Dimension : 185 x 150 cm

Peinture acrylique sur miroir
© Adagp, Paris, 2007

Pendant les années soixante-dix, Bertrand Lavier réalise des travaux photographiques, puis repeint des objets dans le cadre d’une réflexion sur la peinture. Il recouvre un piano, une fenêtre, un réfrigérateur ou un miroir d’une épaisse couche de peinture en reprenant la couleur originelle de l’objet.
Il effectue des propositions qui tournent autour d’une problématique sémantique. La définition d’une même pièce est exprimée en français, traduite en anglais puis en japonais et en arabe. La réalisation varie sensiblement en fonction des codifications et des modes de représentation du réel autochtones.
Depuis 1984, il exécute également des Sculptures sur socle. Il pose un réfrigérateur sur un fauteuil ou sur un coffre-fort. Ces objets deviennent œuvre d’art par destination.

Fermer

Le guide



Miroir, mon beau miroir…, Cléanthis, que vas-tu nous dire ?
Mais à bien y regarder, est-ce vraiment un miroir ? On dirait une peinture, un tableau. En fait, Cléanthis est un objet hybride, un objet peint.

Dès le début des années 80, Bertrand Lavier initie cette série des objets peints.

Le procédé est simple : il recouvre un objet d’une couche de peinture visible dont la couleur reprend la teinte initiale de l’objet, noir pour un piano par exemple.
Ici, c’est une couche de peinture métallisée qu’il appose sur le miroir.

Mais Cléanthis est différente.  Approchons nous. Peut-on se voir dans le miroir ? Non, le reflet est toujours là mais l’image est brouillée.
Bertrand Lavier procède bien à un détournement de la fonction du miroir.

Regardons maintenant la touche épaisse, le travail de la matière peinture. Dans la série des objets peints, Lavier la qualifie de touche « à la Van Gogh ». Ici, on peut y voir un clin d’œil peut-être parodique à l’art gestuel. Il fait d’ailleurs référence à Pollock lorsqu’il se décrit comme « TRAVAILLANT DANS LA GRANDE TRADITION DE LA PEINTURE TRAGIQUE CELLE QUI VA DE GERICAULT A  POLLOCK ».

Cléanthis met en avant l’acte de peindre et une peinture réduite à son expression la plus littérale c'est-à-dire la touche et le geste.
Peut-être cette œuvre est-elle une métaphore de la peinture moderne au XXè s qui est sortie du cadre, a quitté sa voie de reflet de la réalité pour s’autonomiser.