Chicago I

Philippe Cognée

Date : 2005

Support : Peinture

Dimension : 250 X 150 cm

Peinture à la cire sur toile.
© Adagp, Paris, 2007


Ce sont des clichés par satellite retransmis en direct sur Internet qui inspirent le travail de Philippe Cognée. Ses vues démesurées de New York, Los Angeles, ou comme ici Chicago, décrivent des paysages labyrinthiques, à la limite de l’abstraction, dans lesquels les notions d’échelle et de perspective sont abolies.
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Le guide



Vision brouillée….
Non, vos yeux ne vous jouent pas de tours, mais on ne saisit pas tout de suite.
De loin, que distingue-t-on ?
Tout d’abord, une palette grise, froide, animée néanmoins d’une tache rouge en partie inférieure de la composition. Notre œil est irrésistiblement attiré par elle et donc circule dans la toile. Là, l’architecture urbaine composée d’un réseau dense de buildings apparaît. C’est une vue aérienne, plane comme si l’artiste tentait d’écraser les tours, de les annihiler. Or, nous remarquons que leur forme, finalement irréductible, resurgit dans le format rectangulaire vertical de la toile et la masse blanche en 1er plan.

Le peintre Philippe Cognée a développé une technique tout à fait particulière. Comment procède-t-il ?
Il peint en général à partir d’une photographie une image assez réaliste en mélangeant des pigments à de l’encaustique, puis il pose la toile au sol. La magie s’opère alors : il couvre la peinture d’un film plastique transparent et fait fondre la cire en repassant la toile au moyen d’un fer. Pour l’artiste, c’est bien dans cette étape que réside le moment de création. Le flou de l’image est totalement contrôlé par l’artiste, serait-ce une mise à distance ?

Approchons maintenant. Remarquons les effets de matière, aspérités ou ‘effet peau’, les couleurs se mêlent. Le sujet s’efface peu à peu et la peinture devient le sujet même de l’œuvre.
Le 1er tableau figuratif s’efface devant un 2nd abstrait celui-ci.