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Edouard VII - Paris 9

Stéphane Couturier

Date : 1997

Support : Photographie

Dimension : 180 x 135 cm

Sans célébrer ni déplorer le monde urbain qui nous entoure, les images de Stéphane Couturier sont prétextes à s’interroger sur la perception de notre environnement. Face aux questionnements sur la présence des objets, leurs usages, leur destin, c¹est à une nouvelle mise en ordre des formes qu’il nous convie : prolifération des signes, confrontation des plans, dé-hiérarchisation des sujets transformant cette hétérogénéité en lieu du possible.
Stéphane Couturier conçoit le tissu urbain tel un work in progress, un chantier sans cesse modifié en tous sens, inexorablement problématique. Par ce biais, il prend à rebours une des fonctions essentielles de la photographie qui est de voir le temps figé, le transitoire fixé, l’éphémère capturé en une image stable et sécurisante …

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Le guide



Cela vous est familier n’est ce pas ?
Vous reconnaissez en effet la façade d’un bâtiment de la Société Générale quartier Edouard VII.
Quand Stéphane Couturier entend parler de ce programme de réaménagement, il s’y intéresse et explore le chantier.
Alors, attention ce n’est pas un travail de commande, mais une création autonome de l’artiste. Il est donc d’autant plus intéressant de retrouver l’œuvre dans la collection de l’entreprise aujourd’hui.

Entrons maintenant dans l’image.
On est tout d’abord frappé par un enchevêtrement de lignes et de traits qui confine à l’abstraction, rythmé par la répétition de motifs.
J’en vois 3 principaux (ici les montrer) Peut être en voyez vous d’autres?
L’image s’organise autour de ces motifs et nous sommes spectateurs d’une scène de théâtre.

Regardez bien, quel est l’élément qui renforce cette impression ?
Tout simplement la poutrelle de bois horizontale au 1er plan qui traverse l’image de part en part. C’est comme si nous étions au balcon, on pourrait presque s’y appuyer pour regarder confortablement le spectacle.

Là Stéphane Couturier trompe notre réalité visuelle de promeneur.
Où sommes nous ? Sur le devant ou à l’arrière de la scène ?
Il perd notre œil dans une multitude de cadres et d’écrans comme les poutrelles métalliques ou la façade, puis sous les différentes strates rythmées par les couleurs qui se superposent horizontalement.

Et oui, Couturier joue à nous faire perdre nos repères, notre logique de représentation mais ceci sans aucune retouche de l’image.